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Défi 8 de chiffre assise

Un ptit défi de forum à relever : faire faire un 8 à son cheval en restant assise.

J’ai trouvé ça amusant, j’ai tenté :

Vulkan 5

Alors c’est intéressant car ça fait travailler de nouvelles choses, comme chasser les épaules à distance, bien se synchroniser pour éviter la rupture d’allure dans le rappel (ok au pas, pas réussi au trot).

Mais j’avoue que je n’apprécie pas trop travailler comme ça. L’idée d’envoyer le cheval faire son travail loin de soi, en restant immobile ne correspond pas à ma façon de travailler.  D’ailleurs ça crée des hésitations et discordances que nous n’avons pas habituellement dans notre couple.

Pourquoi ? parce que je travaille toujours comme si nous étions deux partenaires de danse : l’espace défini entre nous reste quasi-inchangé au cours de nos mouvements, il ne varie que sur des indications corporelles.

Or assise, je ne peux pas me déplacer pour conserver la distance entre nous lors de ses déplacements. De plus, je me tiens assez mal et n’arrive pas à utiliser mon dos et mes abdos, ma respiration pour communiquer comme nous en avons l’habitude.

Je ne dis pas que ce n’est pas intéressant, mais ça ne correspond pas à ce que je recherche avec Vulkan. C’est plutôt quelque chose que je pourrais tester avec Fakir je pense, notre manière de travailler étant plus scolaire.

Premiers galops en cercle en liberté

Une séance qui n’avait aucun but, quelques révisions, voir comment se comportait Chouchou qui n’a pas trop le moral en ce moment.

Petite déprime automnale ? En tout cas il ne s’amuse pas beaucoup avec son colocataire de deux ans son cadet… et ça se voit, il manque de peps!

Plus qu’un mois à tenir bonhomme, après tu auras plein de nouvelles rencontres à faire 🙂

Sur la vidéo on voit un peu de tout, il semble globalement bien en forme mais c’est le rythme du montage qui donne l’impression, franchement c’est pas trop ça.

Mais, quand-même, il me donne ses premiers cercles en liberté au galop ! 🙂 top top 🙂

Il a aussi besoin de voir l’ostéo, les sols glissants avec la pluie de ces deniers jours ont été fatidiques… Manip tout à l’heure ! C’est ça d’être hyperlax… on se coince à faire des mouvements excentriques … *soupir*

Musculation et décontraction

« En avant, calme et droit » : on n’en finira pas de reprendre cette citation du général L’Hotte…

Depuis quelques années on est entouré de personnes travaillant essentiellement sur le mental du cheval : le rendre confiant, fiable, serein en toutes circonstances. C’est la recherche des « nouveaux maitres ».

Que ça passe par une relation forte et/ou par du conditionnement, l’idée est d’avoir le calme en priorité.

Bien sûr, ça ne suffit pas à obtenir du cheval qu’il travaille dans le bon sens. Pourtant les deux sont indissociables.

Ceux qui comme moi travaillent en mixant les données, en cherchant à la fois une relation solide, le calme et l’application pour un travail qui soit bénéfique au cheval tant mentalement que physiquement on déjà noté la différence d’efficacité entre une séance débutée par la création d’une « connexion » et une séance où le cheval est mis d’emblée au travail sans penser à son état d’esprit du jour.

N’importe quel observateur aura noté qu’un cheval qui précipite, le dos contracté, l’œil inquiet, réalisera un mouvement de piètre qualité, où ses muscles participent comme malgré eux, se retenant fort pour être lâchés d’un coup sans mesure…

De même il est évident que lorsque le cheval décompose, prend le temps de poser un pied après l’autre, quel que soit son niveau, on observera un mouvement plus juste, plus fluide et surtout la progression se fera en quelques essais, sans panique ni rébellion.

Et bien nous retrouvons tout cela et bien plus encore dans l’ouvrage Approche de la kinésithérapie du cheval, par Denoix et Pailloux, édition Maloine.
Les auteurs mettent très en avant l’importance de la décontraction préalable à l’exercice, le dos étant un « filtre émotionnel », comme c’est le cas chez l’humain d’ailleurs (qui n’a jamais eu mal dans le haut du dos durant une période stressante de sa vie? ).

Ce livre peut être assez rébarbatif pour des lecteurs n’ayant pas de connaissance scientifique car il explique énormément de choses sur le rôle des différents muscles, des articulations etc. Cependant il mérite d’être lu, au minimum dans la partie traitant du psychisme du cheval et de son importance dans le travail.

« Les muscles proprioceptifs assurent l’extraordinaire mission de la sensibilité, mais pour qu’ils écoutent et pour qu’ils parlent, le cheval doit être psychologiquement et physiologiquement disponible :  »
-> les muscles responsables de la perception et de la création du schéma corporel du cheval, donc de sa conscience du mouvement, ne sont exploitables par le cheval que s’il est bien mentalement et physiquement.

  • « psychologiquement : car si le musculaire domine (par exemple en cas de conflit), l’importance du muscle mobilisateur verrouille la perception fine proprioceptive en tétanisant l’ensemble musculo-articulaire ; »
    -> s’il y a rapport de force, le cerveau du cheval ne recevra que les messages provenant des muscles locomoteurs et pas ceux provenant des muscles de la perception du mouvement.
  • « physiologiquement : car si une pathologie entrave le geste sain ou si la douleur ou la restriction mécanique apparait, les perceptions et les réponses sont modifiées (avec en particulier une modification du schéma corporel) »
    -> en cas de douleur ou de gène physique, de handicap momentané, les muscles responsables de la perception du mouvement vont indiquer un nouveau schéma corporel au cerveau du cheval, tenant compte de ces restrictions. Le cheval devra donc être rééduqué avant d’oser exploiter de nouveau l’étendue du schéma corporel sain. C’est ce qui intervient dans la « mémoire de la douleur », qu’on peut observer après une manipulation ostéo : certains chevaux mettent du temps, voire beaucoup de temps à oser solliciter des zones qu’ils savaient douloureuses avant.

Intervient également la fatigue musculaire : « sans fatigue musculaire, l’apprentissage se fait en permettant la perception du sensoriel et sa mémorisation », donc l’élaboration d’un schéma corporel de plus en plus étendu, « la conservation du geste sain », « la générosité du cheval ».

D’où l’intérêt de fractionner le temps de travail avec des pauses et de respecter les capacités physique du cheval selon son niveau, son âge, son tempérament…